Sarkozy et les CAC 40 Voleurs

Lors de son discours devant l’assemblée générale des Nations Unis et avant son intervention de ce soir à Toulon, notre président, désormais ouvertement converti au « capitalisme financier moral », s’est lancé corps et âme dans une diatribe à l’encontre des responsables de la crise actuelle, en appelant ainsi toutes les bonnes volontés à réfléchir aux réponses à donner à l’actuel marasme économique. Louons que celui qui il y a encore un peu plus d’un an souhaitait décriminaliser les délits financiers, soit revenu aujourd’hui à des principes économiques plus moraux qui depuis longtemps auraient dû gouverner notre économie. La crise financière qui secoue aujourd’hui l’économie mondiale était évidemment prévisible tant les mécanismes financiers et les opérations boursières ont permis une telle situation.

Comment a-t-on pu en effet laisser des flibustiers de la finance spéculer sur des prêts hypothécaires à risques en en limitant donc les volumes et laissant ainsi les ménages dans l’impossibilité de rembourser des emprunts dont les taux d’intérêts ont flambé??

Ainsi la crise des subprimes qui touche depuis 2006 le marché américain a rapidement gangrené tout le système financier mondial en répercutant les énormes pertes à toutes les grandes banques ayant participé à cet odieux mécanisme. À l’échelle mondiale, on estime en effet la perte actuelle d’actif à plus de 500 milliards de dollars et il est à parier que cette crise, qui semble vouloir s’éterniser, affectera durablement toutes les banques européennes et conséquemment tous les pans de l’économie (entendons par là, l’économie réelle, productrice et génératrice de valeurs ajoutées). Quoiqu’en dise Christine Lagarde, ministre de l’économie, la France n’est évidemment pas à l’abri de cette crise et de ses conséquences à long terme. Les exemples liés au marasme des supprimes ne manquent pas et si ce n’est la Société Générale qui déjà au début de l’année affichait une perte de 2,8 milliards, la banque française Natixis accuse aujourd’hui une perte sèche d’un milliard d’euros et s’apprête à licencier plus de mille personnes dans les semaines à venir.

Mais heureusement tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (possibles). Le Trésor américain a ainsi nationalisé de facto les groupes financiers aux bords de la faillite en endossant et en assumant leurs immenses pertes financières et la Banque Centrale Européenne, dans l’espoir de stabiliser les taux d’intérêt, aura injecté dès 2007 près de 350 milliards d’euros dans le système bancaire. Il est ici intéressant de noter que ceux qui étaient si prompts à dénoncer l’interventionnisme se voient aujourd’hui condamnés pour survivre à une dépendance voir à des mariages forcés à des gouvernements réputés selon eux incapables de gérer une économie.
Suite à son discours, il est apparent que Nicolas Sarkozy était sincère et l’on peut espérer qu’il souhaite réellement tout mettre en œuvre pour endiguer la crise et affranchir notre fragile économie de ce capitalisme financier sauvage et sans scrupule. Mais malheureusement le gouvernement ayant déjà sacrifié GDF sur autel de la profitabilité, persiste et signe en privatisant aujourd’hui partiellement la Poste, la mettant du coup à la portée des courtiers sans vergogne. Telle est la triste vérité. Sous les bons hospices du MEDEF, notre économie dépend hélas et toujours du CAC 40 et de son bon vouloir incontrôlé.Cela se traduit aujourd’hui par une course effrénée aux profits qui n’engendre que délocalisations, chômage et spéculations boursières et qui aboutissent inexorablement à la lente paupérisation de notre pays. Face à cette crise, et dans une logique réaliste, ne serait-il pas alors temps de prendre enfin des mesures radicales en instituant un système qui reconnaisse à fois la suprématie de l’Etat en matière économique et le droit des entreprises d’opérer librement dans le strict respect de certaines règles. La liste pourrait être exhaustive mais la renationalisation des entreprises stratégiques, l’instauration de la participation à l’entreprise, l’obligation de réinvestir dans l’outil de travail et dans des projets d’innovation, la soumission à un contrôle permanent de commissaires aux comptes mandatés par l’Etat et l’engagement de jouer la carte nationale, pourraient être ainsi envisagés . Tout cela pour en finir une fois pour toute avec ce système spéculatif qui ne repose sur aucune création réelle de valeur ajoutée et qui sous couvert de slogans et de chimères reste le fossoyeur sournois et discret de notre pays.

Geoffroy Saint-Grégoire

ouverture.internationale@gmail.com

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